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Édito
Bruno MARIN,
Président de l'AFCAB
La certification au cœur de la relance : pilier
d’une construction durable et responsable
Alors que le premier semestre 2025 s’achève, la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France, publiée début mai, confirme une stabilisation progressive de l’activité dans le secteur du bâtiment. Plus de 70 % des entreprises du gros œuvre jugent leur carnet de commandes supérieur à la normale, un niveau qui soutient une certaine continuité dans l’activité. Par ailleurs, l’indicateur de production passée progresse de 2 points par rapport au mois précédent, traduisant une amélioration tangible de la conjoncture. Les perspectives d’activité restent bien orientées selon les professionnels du secteur, qui anticipent pour la plupart un maintien ou une légère hausse de leur volume d’activité.
Ces tendances viennent renforcer les signaux déjà relevés en début d’année : un ralentissement de la volatilité des prix des aciers de construction, une reprise graduelle des appels d’offres, et une meilleure lisibilité des coûts d’approvisionnement. Autant d’indicateurs qui, sans constituer une relance franche, permettent d’envisager une reprise mesurée, avec prudence mais aussi avec un certain optimisme.
Si reprise il y a, elle ne peut être que structurelle et résolument tournée vers l’avenir. Car au-delà des frémissements conjoncturels, les transitions environnementales et numériques s’imposent désormais comme des leviers incontournables.
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À l’heure où les exigences réglementaires se renforcent (notamment autour de la RE2020, de la décarbonation des filières et du verdissement des achats publics) le secteur est contraint de revoir en profondeur ses pratiques.
Cela passe par une meilleure maîtrise de l’empreinte carbone, une utilisation raisonnée des ressources, et un recours accru aux matériaux recyclés. Les aciers pour béton armé, qui peuvent s’inscrire dans une logique d’économie circulaire, ont un rôle clé à jouer dans cette dynamique.
Dans cette transformation, la digitalisation continue de progresser, comme en témoigne l’augmentation du recours aux outils de suivi de chantier et aux plateformes collaboratives dans les entreprises du BTP, relevée par les observateurs économiques. Cette évolution ne se limite pas à un gain de productivité : elle facilite l’intégration des critères de durabilité dès la phase de conception, renforce la traçabilité des matériaux et sécurise les opérations sur site. Les investissements dans les technologies numériques, bien que parfois différés, sont perçus comme indispensables pour répondre aux exigences de performance, de fiabilité et de transparence attendues par les maîtres d’ouvrage publics comme privés.
C’est dans ce contexte de recomposition profonde que le recours à des produits certifiés prend tout son sens. La certification devient un facteur différenciant sur un marché en quête de garanties techniques, environnementales et éthiques.
Elle atteste non seulement de la conformité des produits aux normes en vigueur, mais aussi de leur aptitude à répondre aux nouveaux critères de durabilité, de recyclabilité et de performance. Elle constitue un outil de confiance pour sécuriser l’acte de construire dans un environnement réglementaire et économique en mutation, tout en accompagnant les acteurs vers des pratiques plus responsables.
Alors que s’ouvre la seconde moitié de l’année 2025, marquée par une conjoncture encore incertaine mais porteuse d’opportunités, l’AFCAB entend réaffirmer son rôle de référent technique et d’acteur engagé aux côtés de la filière.
Dans un environnement qui appelle à la fois rigueur, innovation et responsabilité, nous poursuivrons notre mission avec exigence : promouvoir des matériaux de qualité, accompagner la montée en compétences des professionnels, et renforcer la lisibilité des pratiques constructives.
En plaçant la certification au cœur de cette dynamique, nous contribuons à bâtir un cadre plus fiable, plus durable et mieux adapté aux attentes des donneurs d’ordre comme des citoyens.
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Recybéton :
un projet collectif couronné de succès
D’après le Ministère de la transition écologique, près de 270 millions de tonnes de déchets sont générés chaque année dans le BTP. « Même si nous avons de la chance -contrairement aux Pays-Bas, l’Allemagne ou encore la Suisse - d’avoir une ressource naturelle abondante en France, avec 2500 carrières de granulats sur notre territoire, il est primordial de développer l’utilisation de matière recyclée dans le béton », explique Raphaël Bodet, chef du service affaires techniques de l’Union nationale des producteurs de granulats (UNPG). D’une part, l’accès aux ressources naturelles sur le long terme devient un défi plus important, notamment en raison de la complexité de la planification territoriale et de la longueur des procédures d’autorisation. D’autre part, les réglementations environnementales et relatives à l’économie circulaire - au premier chef desquels la loi ALUR de 2014 instituant, à travers le schéma régional des carrières la nécessité de tenir compte des ressources secondaires locales, la loi de transition énergétique (LTECV) de 2015 et la loi Agec de 2020 - imposent aux acteurs de la construction, comme à ceux d’autres secteurs, de gérer de manière optimisée les gisements et de favoriser le recyclage. Ce dernier permet de réduire les émissions de carbone, à condition qu’il soit effectué au voisinage du site de démolition et surtout à proximité du chantier de construction, pour diminuer le transport.
C’est de ce double constat qu’est né le programme national Recybéton. De 2012 à 2018, il a fédéré quarante-sept partenaires de la filière, dont l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM) à laquelle appartient l’UNPG, qui rassemble elle-même 900 entreprises de toutes tailles. « Le programme Recybéton, qui a bénéficié de fonds publics, a permis de cartographier toutes les conséquences de l’incorporation de matière recyclée posant des défis techniques, scientifiques, logistiques aussi bien que normatifs », expose le responsable et co-auteur de l’ouvrage final. Ce dernier condense les plus de cinquante rapports d’étude * qui ont été produits, démontrant quel’intégration dematière recyclée confère au béton « des performances comparables aux produits de première origine ».
Or, ce travail collectif a été suivi de mesures concrètes. « Les recommandations formulées par les acteurs de Recybéton ont donné lieu à de nouvelles normes, à la fois concernant les produits (les granulats et le béton) eux-mêmes et les règles de dimensionnement, au niveau national », se félicite Raphaël Bodet. L’harmonisation au niveau européen, en revanche, est encore en cours. D’ores et déjà, les effets de ce nouveau cadre réglementaire sont sensibles : « la surprime d’assurance a disparue et le prix du granulat recyclé est devenu compétitif, surtout dans des régions éloignées des carrières et aux chantiers multiples, telles que l’Ile-de-France et la métropole bordelaise, car le recyclage permet d’éviter des coûts de transport », détaille-t-il. De plus, la recherche de cette matière déconstruite, qui connaît ainsi une seconde vie, est stimulée par le déploiement des certifications pour évaluer la qualité environnementale des bâtiments, telles que NF HQE, BREEAM et LEED. Ainsi, l’emploi de béton recyclé a permis sur le chantier du Village des Athlètes de contribuer à faire baisser les émissions de gaz à effet de serre par deux par rapport aux constructions de 2019.
L’évolution des habitudes commence à se traduire dans les volumes : En 2020, selon les derniers chiffres disponibles, sur un total de 414 millions de tonnes de granulats, une centaine était de la matière recyclée1. « Même s’il s’agit d’estimations, car il est par définition plus difficile de mesurer les volumes recyclés puisqu’ils ne transitent pas nécessairement par une plateforme, cela signifierait un triplement du volume depuis les années 90 lorsque les flux ont commencé à être évalués », souligne l’expert. Pour continuer sur cette lancée, l’enjeu principal est d’améliorer encore le tri dès la déconstruction par de meilleurs diagnostics, puis d’optimiser les collectes et la massification des flux par catégorie de déchets afin que les quantités de matières disponibles soient acheminées vers les plateformes de recyclage. Comme pour le recyclage domestique, il s’agit de former le personnel sur le chantier pour qu’ils deviennent les ambassadeurs de ce nouvel usage.
* Ces documents sont toujours disponibles sur le site internet dédié au projet (www.pnrecybeton.fr).
1 Cette valeur a très probablement été surestimée en 2014. Une nouvelle enquête nationale est en cours sur la base des flux de l’année 2024. Les résultats sont attendus pour 2026.
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« Être responsable RSE ne se résume nullement à la maitrise des réglementations »
Aurélie Canchon, coordinatrice qualité, sécurité, environnement chez SAS Armatures
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Pouvez-vous brièvement présenter votre entreprise ?
Bien entendu. SAS Armatures a été créé en 1986 et emploie actuellement 142 salariés sur son site de production de Criquebeuf sur Seine en Normandie. Il s’agit de l’un des plus grands sites en France. Nous sommes spécialisés dans différents types d’armatures – les coupées façonnées, les assemblées, les manchonnées, les spéciales planes ou pliées et les armatures pour fondations profondes – utilisées dans de grands ouvrages, tels que les ponts, les éoliennes, les lignes de grande vitesse et les centrales nucléaires.
Quelle est votre mission ?
Merci beaucoup de m’offrir cette possibilité d’expliquer ce métier qui reste assez méconnu. Depuis avril 2024, je suis responsable de la sécurité et la santé des salariés de notre usine et de ceux qui interviennent chez nos clients. J’ai également la charge du suivi de la qualité intrinsèque de nos produits, ce qui m’amène à être régulièrement en contact avec l’AFCAB.
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SAS est certifiée AFCAB depuis plus de vingt ans en pose et depuis huit ans en armatures. Nous sommes également en cours d’obtention des certifications ISO 14001, pour les performances environnementales, et ISO 45001, pour la santé et la sécurité au travail. Ces certifications sont de plus en plus demandées par les grands groupes et ce sera un passage obligé dans les années à venir.
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Quel a été votre parcours ?
J’ai une formation de chimiste et j’ai commencé ma carrière en tant que technicienne de laboratoire à Rouen chez Colas. C’est là que j’ai eu l’opportunité de découvrir les certifications. J’ai repris mes études et obtenu un master des risques QSE. Ce qui est formidable est que mon métier est adaptable à chaque industrie : il s’agit des mêmes principes, mais les habitudes de travail et les réglementations sont différentes. J’ai ainsi pu passer de la construction à la métallurgie, puis l’industrie textile et le secteur pharmaceutique avant d’arriver ici. C’est passionnant de pouvoir appliquer les bonnes recettes apprises dans d’autres secteurs à des ETI comme SAS Armatures. De plus, les progrès sont bien plus rapides et importants qu’au sein de grandes structures.
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Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre travail ?
J’adore relever des défis en équipe ! Les sujets qui sont les miens concernent tout le monde dans notre entreprise, même si tous les salariés, qu’ils s’agissent des opérateurs, chefs d’atelier ou les managers, ne sont pas directement touchés par les mêmes aspects. Nous constituons des équipes par projet. L’un de nos premiers chantiers collectifs a par exemple été de sécuriser les flux dans l’usine pour réduire l’exposition aux risques des salariés. Nous avons notamment redéfini les flux d’entrée et sortie des ateliers, aménagé nos salles de pause, pour que les salariés puissent profiter d’espaces alliant confort et hygiène. Nous en avons profité pour installer des abris fumeurs à proximité de ces lieux dédiés, pour inciter nos collaborateurs à revoir leur mode de consommation de tabac sur notre site, diminuant ainsi le tabagisme passif, tout en permettant de mieux maîtriser le risque incendie. Être responsable RSE ne se résume nullement à la maitrise des réglementations, il faut surtout s’assurer qu’elles soient bien comprises, qu’elles aient un sens, pour être bien appliquées. La communication est clé !
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En bref.
L’AFCAB étend son réseau certifié en Europe : de nouveaux acteurs engagés dans la qualité
En 2025, l’AFCAB poursuit le développement de son réseau d’entreprises certifiées, avec l’attribution de nouveaux certificats et l’arrivée de nouvelles sociétés engagées dans une démarche de qualité, de conformité et de maîtrise technique.
Le réseau européen s’enrichit notamment de quatre nouveaux certifiés dans le domaine des armatures. Il s’agit d’Aceros para la Construcción, basée à Castellbisbal (Espagne), d’Arma Seine à Sérifontaine (France), de Sendin à Creil (France) et de Nov’Arma à Fourchambault (France). Ces entreprises obtiennent pour la première fois une certification AFCAB, marquant ainsi leur entrée dans un dispositif exigeant en matière de qualité, de traçabilité et de performance. Leur engagement renforce le maillage industriel de la filière à l’échelle européenne.
Parallèlement, plusieurs sites déjà certifiés ont obtenu de nouveaux certificats. C’est le cas de SN Seixal – SiderurgiaNacional S.A., à Seixal (Portugal), qui se voit attribuer un certificat pour l’activité Acier pour Béton Armé (ABA), ainsi que de BadischeDrahtwerkeGmbH, à Kehl (Allemagne), pour les Armatures pour Béton Armé. Ces reconnaissances supplémentaires confirment leur volonté de maintenir des standards élevés dans leurs différentes unités de production.
Dans le domaine des dispositifs de raboutage ou d’ancrage d’armatures du béton (DRAAB), trois nouvelles certifications ont été délivrées en 2025. Elles concernent BartecCompany à Meyzieu (France), DextraManufacturing à Paris (France) et Erico Europe B.V. à Tilburg (Pays-Bas). Ces certifications attestent de la conformité de leurs systèmes de raccordement mécanique aux exigences de sécurité, de performance et de fiabilité structurelle.
À travers ces nouvelles attributions, l’AFCAB réaffirme son rôle central dans la structuration de la filière béton armé, en contribuant à la diffusion de solutions certifiées, sûres et fiables au service des chantiers en France comme en Europe.
Audit COFRAC : l’AFCAB confirme la solidité de sa réorganisation
L’année 2025 marque un tournant pour l’AFCAB, avec une révision en profondeur de ses référentiels, une refonte de ses procédures internes et une modernisation de son fonctionnement. Dans ce contexte de transformation, l’audit de surveillance conduit par le COFRAC représentait une échéance particulièrement attendue, abordée avec une vigilance renforcée tant les enjeux étaient décisifs pour la validation de notre nouvelle organisation.
Mené en mai au siège de l’association, l’audit a jugé la conformité de notre structure réorganisée à la norme NF EN ISO/CEI 17065, référence pour les organismes de certification de produits et de services. Un audit d’observation sur site est prévu en juin. Ce résultat salue le travail collectif engagé autour de Renaud Carrière, nouveau responsable qualité, pour qui il s’agissait du tout premier audit dans ses fonctions.
Une reconnaissance importante pour l’AFCAB, qui réaffirme son haut niveau d’exigence au service de la qualité des armatures pour béton.
Une situation financière conforme, reflet d’un pilotage rigoureux
En 2024, l’AFCAB a poursuivi une gestion financière conforme à ses engagements. Les comptes annuels, contrôlés sur place par le commissaire aux comptes en présence du Trésorier, ont été validés sans réserve, attestant de leur régularité et de leur fidélité à la situation financière de l’association.
Cette validation confirme la capacité de l’AFCAB à préserver son équilibre financier et à répondre aux exigences attendues par ses membres, le COFRAC, AFNOR CERTIFICATION, ainsi que l’ensemble de ses partenaires et parties prenantes.
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